Nioussérê K. Omotunde répond à vos questions

 

 

Vu qu'il est important de pouvoir expliquer les raisons d'être de notre démarche, c'est donc avec plaisir que je réponds à vos questions.

Pourquoi devons nous toujours faire référence à notre histoire ?

 

Question de Nadine.

 

Réponse de NKO : En Angleterre, il existe des centaines de musées relatifs à l'histoire anglaise. 

 

Les Anglais ont également des chaînes TV dédiés à leur histoire sans oublier un Ministère de l'Education et de nombreux manuels d’histoire.

 

Mais avez-vous déjà entendu un Anglais dire à la Reine d'Angleterre : « On a suffisamment étudié notre histoire. Cela suffit, en plus c’est  totalement inutile  » ?

 

Nous n'avons pas, ne l'oublions pas, le quart de ce que possèdent les Anglais dans ce domaine ? Tâchons au moins de combler notre retard.

 

Concrêtement aujourd'hui, à quoi sert l'histoire ?

 

Question de Pierre.

 

Réponse de NKO : Tous les peuples possèdent des  savoir-faire ancestraux qu’ils ont su moderniser pour bâtir leur économie et affronter le 3e millénaire. C'est donc dans leur histoire qu'ils ont puisé la force de croire en eux.

 

Ceux qui ont négligé cette démarche sont devenus les marchés économiques des autres et les panneaux publicitaires des marques étrangères : ils reçoivent tout de l’extérieur, ne produisent rien et donc ne vendent rien.

 

Où est par exemple le marché international de l’huile de carapate fabriquée par nos ancêtres en Guadeloupe ? Connaissez-vous la flilière d'études qui mène à la maîtrise scientifique de ce savoir ?

 

Quel est le lien entre l'Afrique, berceau de l'humanité et les religions actuelles ?

 

Question de François.

 

Réponse de NKO : Dans l’Ancien Testament, il est dit que Moïse a été initié dans la Sagesse divine dans les temples de l’Afrique pharaonique et c'est donc après sa formation, qu'il est devenu puissant en paroles et en actes. Cette information aurait du normalement susciter notre intérêt car il s’agit d’un témoignage éloquent sur la spiritualité de nos ancêtres Africains. Moïse avait donc un guide spirituel africain !

 

La notion de "Livre Sacré", appelé "Médjat Nétcher" par nos ancêtres (Médjat = Livre, Nétcher=Sacré) est née en Afrique noire qui ne l'oublions pas est le berceau de l'écriture (Le mot "papier" provient de "papyrus" n'est-ce pas ?).

 

Dans le Texte Sacré Africain, Dieu se révèle à l'Être humain en disant "Ink Néhéhé" qui se traduit littéralement par "Je suis l'Eternel" (Ink = je suis, Néhéhé=l'Eternel) et cela près de 2000 ans avant Moïse. Tout cela a été notifié par écrit, il y a plus de 3000 ans.

 

C'est probablement pour cela que dans tous les Textes extra-africains (Bible, Coran, Torah), les personnages oprimés y trouvèrent refuge (Mahomet y cacha ses 12 disciples, Marie et Joseph y allèrent pour fuir Hérode, Abraham pour fuir la famine, etc..). Heureusement que l'Afrique noire était là !

Dans quels types de cadre intervenez-vous ?

 

Question de Paul.

 

Réponse de NKO : A vrai dire, j'ai déjà participé et je participe encore à diverses conférences voire des colloques un peu partout à travers le monde (USA, Canada, Monde Arabe, Afrique, Europe, Caraïbes...) dans des Ecoles supérieures (HEC, Sciences Po, universités...) mais aussi des organismes (UNESCO, Cerdotola, Pax Africana...) ou des Institutions territoriales européennes (villes, conseils généraux, Ministères...) en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en France, etc. ou encore j'interviens dans des émissions TV, des documentaires ou à la radio.

 

J'interviens aussi dans des Collèges et des Lycées pour animer des ateliers pédagogiques sur les sciences africaines et donc remplir la mission nationale d'égalité des chances dans l'accès au savoir. Enfin, j'interviens dans diverses associations, aux Antilles et à travers le monde.

 

 

 

 

 

 

Mon enfant peut-il être perturbé par l’étude de deux civilisations différentes ?

 

Question de Sophie.

 

Réponse de NKO : En France où l’on parle de diversité, il faut savoir que seules les personnes d'ascendance africaine n’ont pas d’écoles dédiées à leur patrimoine intellectuel.

 

Les Juifs, les Arabes, les Arméniens, les Chinois, les Sikhs, tous ces peuples et bien d'autres, enseignent à leurs enfants dans leurs propres établissements scolaires et leurs assocations, leur langue, leur culture et leur écriture, bien qu’ils vivent pour certain, dans un pays d’adoption.

 

Connaissez-vous par exemple en Guadeloupe, un jeune  Chinois qui ne sait ni lire, ni écrire le chinois ? Moi non ! Cela l’empêche-t-il d’avoir de bonnes notes à l’école ? Vous avez vous même la réponde, n'est-ce-pas ?

 

« L’arbre dont les racines sont les plus profondes et les plus longues a toutes les chances de résister aux aléas de la vie».

 

Les Humanités Classiques Africaines, c'est quoi ?

 

Question de Mike.

 

Réponse de NKO : L’expression "Humanités Classiques Africaines" vient de Cheikh Anta Diop qui nous invite à étudier les fondements de notre culture et de nos savoirs dans toutes les disciplines sur les bases historiques de la civilisation égypto-nubienne.

 

Ainsi, de la même façon qu’un enfant européen étudie la Grèce antique et peut citer Pythagore pour les mathématiques, l’enfant panafricain pourra parler à ses camarades d’Ahmès qui nous a livré la seule définition connue des mathématiques durant l’Antiquité africaine pharaonique, soit : « Méthode correcte d’investigation de la nature pour connaître ses secrets ».

 

En réalité, tous les peuples possèdent leurs propres Humanités Classiques qui jouent le même rôle que les racines pour un arbre.

 

N'oublions pas enfin que l'on a jamais vu dans la nature, un cocotier grandir avec les racines d'un bananier, n'est-ce-pas ?

 

D'où vient cette passion que vous avez pour l'histoire panafricaine ?

 

Question de José .

 

Réponse de NKO : Durant toute ma scolarité en Guadeloupe, on m'a surtout présenté l'histoire des autres, les inventions des autres et jamais on ne m'a parlé de nous, de nos inventions, du Génie Africain et de l'Afrique d'où nos venons tous.

 

Gaston Monnerville, Raoul Georges Nicolo, le commandant Mortenol, Martin Luther King, Aimé Césaire, Malcom X, Marcus Garvey, W. Du Bois, Thomas Sankara, Kwame Nkrumah, Akhenaton, Soundjata Keïta ou encore Eugène Bassière étaient alors pour moi de parfaits inconnus.

 

J'ai toujours trouvé cela très surprenant et plusieurs fois j'en ai parlé avec mes enseignants qui ne savaient pas quoi me répondre. On me demandait de connaître l'histoire des autres mais jamais on ne m'a permis d'être noté sur la connaissance de l'histoire de mes ancêtres.

La vision assimilationniste voulait faire de moi un aliéné culturel et j'ai tout de suite dit stop, pas question, Je suis un Africain !

Les Noirs assument leur existentialité aux USA, au Canada, en Angleterre, au Brésil, etc. Dans l'espace européen c'est différent car le complexe est énorme, l'ignorance aussi.

 

J'ai donc été cherché ailleurs cette connaissance que l'on ne voulait pas me donner, en oeuvrant dans le cadre de missions en Afrique pour l'UNESCO et en étudiant notre histoire avec Théophile Obenga, le bras droit du professeur Diop avec lequel j'ai eu l'occasion de participer à divers colloques en Europe ou en Afrique (au Togo par exemple dernièrement), mais aussi avec l'egyptologue camerounais Dou Kaya. Avec l'un des fils de Diop nous avons surtout abordé les sciences africaines, avec J. C. Gomez ce fut l'histoire mais sans aucun doute, je dois à René-Louis Etilé avec lequel j'ai fondé à Paris l'Institut Africamaat, ma connaissance des hiéroglyphes car il était lui-même Docteur dans cette discipline.

 

Enfin, j'ai été le premier à présenter une émission d'histoire sur la chaîne internationale 3ATelesud et cela, quand je suis en Afrique où ailleurs, les gens me le rappelle toujours.

 

 

Que veut dire "OMOTUNDE" ?

 

Question de Noémie.

 

Réponse de NKO : Il y a très longtemps, j'ai demandé à un vieux de me dire comment on disait dans sa langue, qu'un fils qui était parti était revenu vers ses ancêtres ?

 

Il m'a alors dit qu'en Yoruba, cela se dit "OMOTUNDE".

 

Je débutait à peine l'étude de notre histoire, mais j'avais déjà compris l'essentiel !

 

 

 

 

 

Info : N'hésitez pas à laisser à N. K. Omotunde un message en allant sur la rubrique "Contact".

 

 

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