La mode est née à Blombos il y a -80 000 ans

 

L’archéologie révèle que la mode est une invention sud-africaine.

 

 

Jusqu’à présent, les plus anciens objets utilisés en guise de collier étaient deux dents percées retrouvées en Bulgarie et datées de -43000 ans et 58 coquilles de gastéropodes marins eux aussi percées, remontant à -41000 ans et trouvées en Turquie sur un site côtier. Voilà pour les vestiges de l’hémisphère nord.

 

En Afrique, les premières trouvailles datent de 1998 et sont le fruit des travaux de recherches du professeur Stanley Ambrose (université de l'Illinois) qui a mis à jour, pas moins de 13 fragments de coquille d'œuf d'autruche disposés en perles pour la confection d’un collier, remontant a -40000 ans.

 

Mais depuis 2012, les découvertes faites en Afrique du sud, ne cessent de bouleverser le scénario de la naissance de la créativité, de la beauté et donc, de la révolution culturelle des Homo Sapiens apparue sur le sol africain, il y a plus de 200 000 ans.

 

En effet, comme le souligne Luc Allemand pour la revue scientifique la Recherche (1), « depuis quelques années, l'équipe qui étudie les objets trouvés dans la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, défendait l'idée que des hommes y avaient utilisé des symboles il y a 75000 ans. Des restes de colliers ou de bracelets viennent d'en apporter la preuve. Elles sont au nombre de 39, ces perles façonnées dans des coquillages. Elles n'ont que quelques millimètres de diamètre. Pourtant, elles bouleversent à la fois la chronologie et la géographie de l'apparition des symboles dans l'histoire humaine. Fabriquées il y a 75000 ans, leur découverte fait reculer d'une trentaine de milliers d'années l'invention de la parure corporelle, donc aussi la fabrication d'objets symboliques. En outre, elles ont été trouvées à l'extrême sud de l'Afrique ».

 

De toutes les créatures vivantes, l’homme semble être le seul à utiliser des accessoires de beauté, preuve de l’existence de cette pensée symbolique complexe, qui le distingue singulièrement.

 

Et Luc Allemand poursuit : « Comme d'habitude en pareil cas, Christopher Henshilwood (Muséum sud-africain du Cap et université Stony Brook aux Etats-Unis), Francesco d'Errico (Institut de préhistoire et de géologie du Quaternaire à Bordeaux ) et leurs collègues, qui ont étudié ces coquilles, ont d'abord vérifié que leur présence dans cette grotte n'était pas fortuite. Elles proviennent toutes de la même espèce, Nassarius kraussianus, un petit gastéropode qui vit encore aujourd'hui dans les estuaires marins dont le plus proche est à 20 kilomètres. Le seul prédateur connu de cet animal est un autre gastéropode, vivant exclusivement dans le même milieu. Aucune chance donc qu'un animal ait apporté là ces coquilles. Leur petite taille moins de 5 millimètres de diamètre exclut aussi que leurs propriétaires aient figuré au menu des habitants de la grotte.

 

Enfin, toutes les coquilles retrouvées appartenaient à des animaux adultes. Elles ont donc été triées et non apportées par inadvertance dans des algues avec lesquelles les hommes auraient amélioré le confort de leur intérieur. Les trous aussi ont peu de chances d'être naturels. Ils sont tous disposés sur le même bord de la coquille, à un endroit que perce rarement un prédateur. Mais, surtout, toutes ces coquilles comportent des facettes dont l'observation au microscope révèle qu'il ne s'en trouve pas d'analogues sur les coquilles que l'on peut ramasser en milieu naturel. Ces facettes, situées sur le bord de la coquille et sur le bord opposé de la perforation, correspondent à des traces d'usure par frottement sur un lien ou contre des vêtements, ou encore par frottement des coquilles entre elles ».

 

Ces perles ont manifestement été portées et semblent même avoir été enfilées sur la même cordelette en guise de collier ou de bracelet. Et la datation révèle que cela s’est passé, il y a -75 000 ans avec +- 5 000 ans

(soit -80 000 ans).

 

Donc à cette époque en Afrique, la modernité humaine était déjà effective avec près de 50 000 ans d’avance sur l’Europe où l’homme moderne africain n’avait pas encore posé le pied.

 

Cela vient confirmer la découverte de près de 300 morceaux de pigments minéraux en oxydes de fer et manganèse, faite par Lawrence Barham (université de Bristol) dans la région de Twin Rivers en Zambie et datés de près de -270 000 ans. La diversité des colorations et la présence désirée de ces pigments de maquillage, confirment bien que l’entrée dans la modernité fut un événement africain.

 

Par conséquent la thèse de l’avancée intellectuelle des premiers hommes modernes européens, qui avait été établit par la recherche avant ces récentes découvertes, est aujourd’hui totalement caduque !

 

 

 

Références :

 

(1) Revue la Recherche n° 375, Luc Allemand, Il y a 75000 ans, les premiers bijoux, page 47.

 

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N. KALALA OMOTUNDE