Le Zoom d’Anyjart reçoit  :                                       Nioussérê Kalala Omotunde

 

 

Bilan de l'Atelier enfants sur les Mathématiques fractales africaines !

 

 

Le samedi 24 novembre 2015 a eu lieu à l’Institut d’Histoire ANYJART, à Baie-Mahault en Guadeloupe, un atelier passionnant sur les Sciences du Monde Noir.

 

Une immersion extraordinaire dans l’univers des fractales mathématiques et autres déclinaisons de la portée scientifique de la culture africaine, comme la mode (adinkra, kente), la coiffure (tresses, locks), la sculpture, pour ne citer que celles-là.

 

Le plus étonnant est que cet atelier aux thématiques complexes s’adressait aux enfants de 5 à 15 ans et plus.

 

Une démarche pédagogique totalement novatrice que j’ai souhaité décrypter avec celui qui en est à l’initiative, Nioussérê Kalala Omotunde.

 

Kaamadja : Bonjour Kalala Omotunde… Le 1er Symposium sur les Mathématiques Africaines organisé en début d’année par ANYJART  semblait déjà très complet et pourtant, vous avez souhaité aborder dans cet atelier des thématiques nouvelles, voire encore inédites avec des enfants, pourquoi ?

 

NKO : Bonjour Kaamadja et bonjour à tous les internautes….

 

Effectivement, pour le Symposium nous voulions surtout faire découvrir au public, la richesse pédagogique des systèmes de réflexion inhérents aux mathématiques africaines, notamment en direction des enfants du primaire mais aussi des collégiens et des lycéens. Voilà pourquoi nous avons sélectionné un certain nombre d’exercices précis.

 

Mais avec cet atelier, j’ai voulu aller plus loin pour deux raisons :

 

               - Tout d’abord, je souhaitais explorer avec  les enfants, d’autres thématiques et ainsi leur permettre de confronter leur logique habituelle à de nouvelles formes de logique scientifique d’où cet atelier sur les fractales mathématiques africaines.

 

               - Puis, je voulais expérimenter la souplesse pédagogique de la méthodologie africaine qui permet de faire travailler sur un même exercice de mathématique, des jeunes allant de 5 ans à 15 ans avec la même intensité intellectuelle.

 

Kaamadja : Quels sont les atouts des mathématiques africaines ?

 

NKO : Il faut savoir qu’en raison de la densité des civilisations africaines, nous possédons de multiples systèmes de réflexion scientifique dans de très nombreux domaines. Par exemple, je ne suis pas encore capable de vous dire précisément combien de méthodes existent en Afrique noire pour faire la simple multiplication de 256 X 23, car je ne cesse d’en découvrir. Or, en Occident, il n’y a qu’une seule façon de faire, ce qui engendre une limitation de la réflexion créative.

 

C’est d’ailleurs pour enrichir leur créativité que de nombreux chercheurs occidentaux en formation, souhaitent bénéficier de bourse pour se rendre dans tel ou tel pays africain. Dans de nombreuses régions du globe, la mondialisation a appauvri l’humanité en étouffant les réflexions intellectuelles originelles. Or, il existe encore en Afrique heureusement, une résistance ancestrale profonde.

 

Kaamadja : Vous voulez dire par là que l’Afrique inspire encore notre modernité ?

 

NKO : Jacques Attali a récemment dévoilé sur TF1, que le code binaire informatique vient de l’Afrique noire. Tout le monde a été surpris or, bien avant lui, la BBC avait déjà fait un reportage TV sur cet héritage scientifique en déplaçant une équipe de tournage sur place, en Afrique noire. Il y a de nombreux colloques internationaux sur cette question et en Belgique, il existe même une statue de 7m de haut dévoilant au public la première tablette mathématique de l’histoire universelle, découverte au Congo et datant de -25 000 ans.

 

La véritable question est de savoir combien de temps encore nous allons demeurer de simples observateurs passifs au lieu d’être des acteurs de cette nouvelle façon moderne de percevoir le fabuleux héritage de nos ancêtres africains.

 

Kaamadja : Quels matériaux intellectuels africains vous intéressent en particulier ?

 

NKO : Lorsqu’il s’agit d’aborder des thèmes mathématiques tels que le Zéro, le nombre PI, le nombre Phi, les chiffres premiers, la géométrie, cosinus, sinus, etc… en tant que descendant d’Africains, nous nous devons de connaître les divers supports où ont été consignés par nos ancêtres, ces informations afin de transmettre aux jeunes générations panafricaines, un vrai patrimoine intellectuel.

 

Nous ne pouvons attendre cela des autres car il s’agit de notre responsabilité d’adulte. C’est ainsi que je conçois la notion d’Egalité des Chances dans l’Accès aux Savoirs.

 

Cependant, on constate encore que le patrimoine mathématique du Monde Noir et bien d’autres patrimoines intellectuels, sont étrangement absents des programmes scolaires actuels. C’est la meilleure façon de nourrir dans les esprits, une forme de gobinisme intellectuel débouchant sur le racisme et l’aliénation culturelle.

 

Kaamadja : Quelle a été la réaction des enfants ?

 

NKO : Si je vous dis que nous avons travaillé avec les enfants et les jeunes assidument pendant près de 3 heures et cela, sans voir le temps passer et tout en nous amusant.

 

En fait, nous découvrons ensemble une façon nouvelle et positive d’aborder notre Culture via nos Humanités Classiques Africaines et cela est très stimulant.

 

Kaamadja : Quelles ont été les réactions des parents ?

 

NKO : Les parents ont souhaité rester durant tout l’atelier et cela nous a beaucoup touché. Ils ont participé en réalisant tous les exercices qu’ils découvraient au même titre que leurs enfants. Face à une telle richesse intellectuelle, ils ont vite compris l’intérêt de la démarche d’ANYJART à travers cette lecture objective de notre culture ancestrale.

 

Nous avons profité pour leur présenter nos deux ouvrages :

  • Initiation aux mathématiques africaines pour les enfants de 5 à 15 ans et plus,

  • Le papyrus d’Ahmès (revue de l’Institut dédiée aux mathématiques africaines).

 

Kaamadja : Je crois savoir que pour le gouter, vous avez souhaité mettre l’accent sur le local ?

 

NKO : Oui, nous voulons tout simplement faire découvrir aux enfants la richesse de nos savoirs faire culinaires locaux et c’est pour cela que nous réalisons toujours nos gâteaux et autres gourmandises avec les farines de fouyapin, de châtaigne ou de manioc.

 

Nos jus sont locaux et nous insistons c’est vrai, sur l’eau de coco en raison de son faible dosage en sucre.

 

Kaamadja : Eh bien, Kalala Omotunde je vous remercie pour cet échange très instructif…

 

NKO : Ce fut avec plaisir, à très bientôt et merci à tous !

 

NK3.jpg
EDITION ANYJART.jpg
Capture d’écran 2020-10-18 à 13.43.43.

DIFFUSER LE SAVOIR...

RENFORCER LE SAVOIR...

Créer une

Herméneutique à notre Savoir ancestral

 

Doter nos expériences et savoirs ancestraux d'un cadre opérationnel servant de socle à notre modernité anthropologie..

N. KALALA OMOTUNDE